Olivier Marleix

Homme politique français · Député LR d’Eure-et-Loir (2012-2025) · Président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale (2022-2024) · 1971–2025

Olivier Marleix, né le 6 février 1971 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et mort le 7 juillet 2025 à Anet (Eure-et-Loir), est un homme politique français, député de la deuxième circonscription d’Eure-et-Loir de 2012 à sa mort et président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale de 2022 à 2024. Figure de la droite gaulliste et souverainiste, il s’est particulièrement illustré par son travail d’enquête parlementaire sur l’affaire Alstom et la défense des fleurons industriels français face à l’extraterritorialité du droit américain.

Formation et débuts en politique

Fils d’Alain Marleix, figure historique du gaullisme chiraquien, secrétaire d’État sous la présidence de Nicolas Sarkozy et député du Cantal pendant vingt ans, Olivier Marleix baigne dès l’enfance dans la culture du RPR. Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (1992) et titulaire d’un DEA de droit public à l’Université d’Auvergne, il adhère au RPR dès 1989 et siège au comité central à partir de 18 ans.

En 1995, il présidente le comité de soutien des jeunes à la candidature d’Édouard Balladur à l’élection présidentielle. Deux ans plus tard, il prend la direction de l’Union des jeunes pour le progrès (UJP), mouvement gaulliste fondé en 1965, qu’il rapproche de l’Élysée tout en restant fidèle au gaullisme social. Il y demeure président jusqu’en 2000.

Parallèlement, il exerce comme collaborateur de plusieurs responsables gaullistes : auprès de Charles Pasqua, président du groupe RPR au Sénat (1989-1992), au cabinet de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Jeunesse et des Sports (1993-1995), directeur de cabinet de Nicole Catala, adjointe au maire de Paris (1995-1998), puis directeur de cabinet au conseil général d’Eure-et-Loir auprès de Martial Taugourdeau (1998-2005). Il devient en 2005 conseiller technique au cabinet de Brice Hortefeux, ministre délégué aux Collectivités locales, puis rejoint en 2011 le cabinet de Claude Guéant à l’Élysée comme conseiller aux affaires parlementaires et électorales.

Maire d’Anet et ancrage local

En mars 2008, Olivier Marleix obtient ses premiers mandats électifs en étant élu maire d’Anet (commune de 2 600 habitants célèbre pour le château d’Henri II et Diane de Poitiers) et conseiller général du canton d’Anet. Il succède dans les deux cas à Claude Favrat. Vice-président du conseil général d’Eure-et-Loir (2008-2011) et président de la commission « culture, sports et vie associative » (2008-2014), il reste maire d’Anet jusqu’en septembre 2017, date à laquelle il démissionne pour respecter la loi sur le non-cumul des mandats après son entrée à l’Assemblée.

Député et président du groupe LR

Élu député de la deuxième circonscription d’Eure-et-Loir en juin 2012 sous l’étiquette UMP, il est réélu en 2017, 2022 et 2024 sous les couleurs des Républicains puis de la Droite républicaine. Il siège à la commission des Lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale et à la commission des Affaires économiques. Vice-président des Républicains, il est élu le 22 juin 2022 président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale, fonction qu’il occupe jusqu’au 9 juin 2024, succédant à Damien Abad puis laissant la place à Laurent Wauquiez.

Il est considéré comme un spécialiste reconnu des questions industrielles et de souveraineté énergétique. Il porte notamment une proposition de loi sur la sécurité d’approvisionnement énergétique et siège, en 2025, dans la commission d’enquête relative à la politique française d’expérimentation nucléaire en Polynésie française.

L’affaire Alstom et la commission d’enquête

Olivier Marleix doit une part importante de sa notoriété publique à son rôle de président de la commission d’enquête sur les décisions de l’État en matière de politique industrielle, notamment dans les cas d’Alstom, d’Alcatel et de STX (2017-2018). À l’initiative du groupe Les Républicains, l’Assemblée nationale crée cette commission pour examiner les conditions de la cession de la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric en 2014, puis de la fusion-absorption de la branche transport par Siemens en 2017.

Dès 2016, il avait déposé une proposition de résolution pour créer une commission d’enquête sur l’action de l’État actionnaire au sein d’Alstom. Il y soulignait le lien entre l’enquête du Department of Justice américain (amende record de 772 millions de dollars) et la décision du PDG Patrick Kron de vendre, pointant le témoignage d’Emmanuel Macron lui-même : « À titre personnel, j’étais persuadé du lien de cause à effet entre cette enquête et la décision de Kron de vendre, mais nous n’avons aucune preuve ».

La commission d’enquête, sous sa présidence, auditionne plus de cinquante acteurs du monde industriel et politique pendant six mois, procède à une centaine d’heures d’auditions et réalise un contrôle sur pièce et sur place au ministère de l’Économie. Le rapport met en lumière les dysfonctionnements de la procédure de contrôle des investissements étrangers en France, la pratique du « feu vert de l’Élysée » préalable à l’instruction formelle de Bercy, et l’absence de contrôle parlementaire sur ces décisions souveraines. Il alerte sur l’extraterritorialité du droit américain et la vulnérabilité des fleurons industriels français, thèmes centraux de l’affaire Alstom popularisés par Frédéric Pierucci.

Points forts

  • Député d’Eure-et-Loir pendant treize ans Élu sans discontinuer de 2012 à 2025 dans la deuxième circonscription d’Eure-et-Loir (Dreux, Anet), réélu quatre fois sous les étiquettes UMP, LR puis Droite républicaine, il incarne un ancrage local solide et une présence fidèle à l’Assemblée nationale.
  • Président du groupe Les Républicains à l’Assemblée Élu le 22 juin 2022 à la tête du groupe parlementaire LR, il conduit la droite à l’Assemblée nationale pendant près de deux ans, avant de céder la place à Laurent Wauquiez en juin 2024.
  • Enquêteur de l’affaire Alstom Président de la commission d’enquête (2017-2018) sur les cessions d’Alstom à General Electric et Siemens, il révèle les dysfonctionnements du contrôle des investissements étrangers et dénonce l’extraterritorialité du droit américain, devenant une voix de référence sur la souveraineté industrielle.
  • Gaulliste et souverainiste convaincu Fils d’Alain Marleix, ancien président de l’UJP, vice-président de l’Institut Georges Pompidou, il défend toute sa vie la souveraineté nationale, l’autorité de l’État et l’indépendance énergétique et industrielle de la France.
  • Spécialiste des questions industrielles et énergétiques Membre de la commission des Affaires économiques, porteur de propositions de loi sur la sécurité d’approvisionnement énergétique, il siège en 2025 dans la commission d’enquête sur les essais nucléaires en Polynésie française.
  • Maire d’Anet et élu de terrain Maire d’Anet de 2008 à 2017, conseiller général du canton d’Anet (2008-2014), vice-président du conseil général d’Eure-et-Loir (2008-2011), il conjugue l’enracinement local et l’action parlementaire nationale.

Hommage

Olivier Marleix s’est éteint le 7 juillet 2025 à son domicile d’Anet (Eure-et-Loir), à l’âge de 54 ans. Les gendarmes, prévenus en milieu d’après-midi par la maire d’Anet et la collaboratrice parlementaire du député, inquiets de son absence à des réunions prévues, l’ont retrouvé pendu dans une pièce de l’étage. Le procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier, a ouvert une enquête en « recherche des causes de la mort », une autopsie étant réalisée le 9 juillet.

Le 30 juillet 2025, la cour d’appel de Versailles et le tribunal judiciaire de Chartres clôturent l’enquête en concluant au suicide par pendaison. Les constatations, les examens médico-légaux, les auditions d’une dizaine de proches et l’analyse du téléphone portable ont permis d’établir qu’il traversait « une période de dépression, aux causes multiples — sentimentales, intimes et professionnelles ». Il consultait depuis quelques mois un psychiatre et s’adonnait à la course à pied de manière quotidienne et inhabituelle, avait perdu beaucoup de poids. L’élément déclencheur du passage à l’acte a été identifié comme une dernière conversation avec sa compagne, retrouvée lors de l’exploitation du téléphone. L’analyse toxicologique a révélé une alcoolémie positive mais modérée, proche du décès, et aucune autre substance toxique, médicamenteuse ou stupéfiante.

Sa disparition a suscité une vague d’hommages unanime dans la classe politique, au-delá des clivages. Le président de la République Emmanuel Macron a salué sur X « un homme politique d’expérience » qui « défendait ses idées avec conviction », respectant « nos différends » à la lumière « de notre amour du pays ». Laurent Wauquiez, président du groupe LR, a évoqué « l’homme de conviction, défenseur inlassable de l’intérêt général dont la vision tirait vers le haut le débat public ». Bruno Retailleau, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Nicolas Sarkozy, Gabriel Attal, Jean-Noël Barrot, Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon, Manuel Bompard, Éric Ciotti, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont tour à tour salué un « gaulliste », un «homme droit » et un défenseur de la souveraineté industrielle de la France. Christian Estrosi l’a qualifié de « vrai gaulliste », François Hollande a loué son « élégance » et son respect pour les idées contraires. L’Assemblée nationale a observé une minute de silence et suspendu ses séances.

Les obsèques ont été célébrées le vendredi 11 juillet 2025 à 15 h en l’église d’Anet, où près d’un millier de personnes, dont de nombreux responsables politiques nationaux et locaux, lui ont rendu un dernier hommage. Il a été inhumé à Anet, commune dont il avait été maire pendant neuf ans.

Olivier Marleix laisse derrière lui le souvenir d’un parlementaire travailleur, rigoureux et attaché à la souveraineté de la France, dont l’enquête sur l’affaire Alstom a éclairé d’un jour nouveau les coulisses du démantèlement des fleurons industriels français. Sa franchise, son refus du cynisme et sa culture gaulliste en ont fait une voix singulière de la droite parlementaire, respectée au-delà des chapelles.

Olivier Marleix incarne une figure de l’engagement parlementaire au service de la souveraineté industrielle et de la Nation : élu de terrain, maire d’Anet, député d’Eure-et-Loir pendant treize ans, président du groupe Les Républicains à l’Assemblée nationale et enquêteur infatigable de l’affaire Alstom. Sa disparition brutale laisse un vide dans le paysage politique français. Cette page lui rend hommage et conserve la mémoire de son parcours, de son travail d’enquête et de son combat pour l’indépendance économique de la France.

Reposez en paix, Olivier.