Régis de Castelnau
Avocat honoraire et essayiste · Fondateur de Vu du droit · Veille d'actualité
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Chroniqueur régulier de La Matinale de Tocsin, présentée par Clémence Houdiakova, où il décrypte l'actualité juridique et judiciaire (procès Le Pen, destitution de Macron, affaire Epstein, dérives de la justice).
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Régis de Castelnau, de son nom complet Régis de Curières de Castelnau, né le 7 mars 1950 à Rabat (Maroc), est un avocat honoraire et essayiste français. Issu d'une ancienne famille de la noblesse du Rouergue, il est l'arrière-petit-fils du général Édouard de Castelnau, général d'armée et chef d'état-major du général Joffre durant la Première Guerre mondiale. Chevalier de la Légion d'honneur, il est l'une des voix juridiques les plus écoutées du paysage de la réinformation francophone.
Formation et jeunesse
Né au Maroc d'un père ayant rejoint l'armée d'Afrique puis la France combattante (grièvement blessé dans les Vosges en novembre 1944), il rentre en métropole en 1954 et mène la vie nomade des militaires de carrière : Coëtquidan, Tübingen, Sarrebourg, Baden-Baden, Toulouse puis Paris. Il effectue sa scolarité secondaire au lycée Pierre de Fermat à Toulouse, puis termine au lycée Buffon à Paris en 1968, où il assiste aux événements de mai 68 — expérience qui lui inspire une aversion durable pour le gauchisme groupusculaire et une admiration pour le PCF et la CGT, « expression politique indiscutable de la classe ouvrière française ».
Il choisit les études de droit à l'université Paris II Panthéon-Assas, dont il est diplômé en juin 1972. Étudiant salarié, il intègre également Sciences Po Paris sans en obtenir le diplôme, afin de se concentrer sur le certificat d'aptitude à la profession d'avocat (CAPA), qu'il obtient en octobre 1972. Il prête serment le 13 décembre 1972 devant la première chambre de la Cour d'appel de Paris.
Avocat du mouvement ouvrier
Collaborateur au cabinet de Claude Michel, premier bâtonnier communiste de France, il fonde son propre cabinet en 1975. Il se rapproche du mouvement ouvrier et devient dans les années 1970 l'un des avocats du Parti communiste français (PCF) et de la CGT. Il mène notamment la défense des salariés de la sidérurgie lorraine entre 1978 et 1982, expérience dont il tire le livre La Provocation, écrit avec l'écrivain François Salvaing. Il assure également la défense d'élus mis en cause dans deux affaires emblématiques lors de la campagne présidentielle de 1981 : le « bulldozer de Vitry » et la « manifestation de Robert Hue ». Ses engagements lui valent, au Palais, le surnom de « Baron rouge ».
Membre fondateur du Syndicat des avocats de France (SAF) à sa création en 1973, il siège à sa direction nationale de 1974 à 1975. Il intègre ensuite le « Bureau de politique extérieure » (Polex) du PCF, alors dirigé par Maxime Gremetz. Cette fonction l'amène à développer une importante activité internationale : président de l'Association France Amérique Latine (1981-1985), très active dans la solidarité avec les peuples soumis aux dictatures militaires d'Amérique latine ; secrétaire général adjoint de l'Association Internationale des Juristes Démocrates (AIJD), organisation dotée du statut consultatif auprès de l'ONU. Il rencontre notamment Indira Gandhi à New Delhi en 1982 et Mikhaïl Gorbatchev à Moscou en 1987.
Spécialiste du droit public local
Au tournant des années 1990, la dislocation de l'URSS et l'effondrement politique du PCF l'amènent à réorienter ses activités. Analysant l'importance grandissante des questions juridiques liées aux lois de décentralisation de 1982 et 1983, il conceptualise et structure le « droit public local ». Il est élu président de l'Association française des avocats-conseils des collectivités (AFAC) en 1995, puis président d'honneur à partir de 2000. Il fonde également l'Institut Droit et Gestion Locale (1997), organisme de recherche et de formation dédié aux rapports entre l'action publique et le droit. Il enseigne le droit de l'urbanisme à l'université de Bourgogne et le droit de la responsabilité des décideurs publics locaux à Paris II Panthéon-Assas.
Il publie plusieurs ouvrages doctrinaux : Le Fonctionnaire et le Juge pénal (1997), Portrait des chambres régionales des comptes (1997), Pour l'amnistie (Stock, 2001), Les Chambres régionales et territoriales des comptes (2004). Il tient également la rubrique hebdomadaire « À qui profite la loi » dans Le Figaro.
Essayiste et réinformateur
En 2016, il s'éloigne de l'exercice quotidien de la profession d'avocat et demande en 2017 à être omis du tableau de l'ordre pour accéder à l'honorariat. Il crée le blog Vu du droit, où il publie des articles et des vidéos d'analyse juridique de l'actualité. Contributeur du magazine Causeur, il participe à la webtélé RéacnRoll, puis accepte la proposition de Michel Onfray de participer au lancement du média Front Populaire, dont il est aujourd'hui membre du comité de rédaction. Il a publié près de 800 articles sur différents supports au cours de la dernière décennie.
Le 13 janvier 2021, il publie Une justice politique. Des années Chirac au système Macron, histoire d'un dévoiement (L'Artilleur), ouvrage dans lequel il décrit trente ans d'évolution de l'appareil judiciaire et soutient que le corps des magistrats est devenu une force politique autonome, en violation de la séparation des pouvoirs et de la mission institutionnelle de la Justice. Il est l'un des intervenants du documentaire Hold-up sur la pandémie de Covid-19.
En 2019, il se rapproche de Georges Kuzmanovic et rejoint République Souveraine, parti souverainiste d'inspiration gaulliste, en tant qu'expert sur les questions de justice. Il est également chroniqueur régulier de La Matinale de Tocsin, présentée par Clémence Houdiakova, où il décrypte l'actualité juridique (procès Le Pen, procédure de destitution de Macron, affaire Epstein) et confronte ses analyses à d'autres intervenants. Sur sa chaîne YouTube « Vu du Droit », il analyse le conflit en Ukraine, le Moyen-Orient et les dérives judiciaires, dénonçant notamment le « double standard » dans l'application de la loi sur l'apologie du terrorisme. En 2024, il est visé par une procédure du Conseil de l'ordre des avocats et une plainte pour apologie du terrorisme après avoir qualifié de « crime de guerre » la diffusion par l'ambassade d'Israël d'images du cadavre de Yahya Sinwar, conformément aux Conventions de Genève et à l'article 8 de la CPI.
Points clés
- Avocat du PCF et de la CGT Défenseur de la sidérurgie lorraine (1978-1982), des élus PCF lors de la campagne de 1981, membre du Bureau de politique extérieure du PCF ; surnommé le « Baron rouge » au Palais.
- Pionnier du droit public local Concepteur de cette spécialité née des lois de décentralisation ; président puis président d'honneur de l'AFAC, fondateur de l'Institut Droit et Gestion Locale (1997).
- Fondateur de Vu du droit Blog, chaîne YouTube et Substack diffusant analyses juridiques et géopolitiques ; près de 800 articles publiés en dix ans.
- Membre du comité de rédaction de Front Populaire Collaborateur de Michel Onfray au lancement de la revue des souverainistes ; ancien contributeur de Causeur et de la webtélé RéacnRoll.
- Auteur d'« Une justice politique » (2021) Essai dénonçant le « dévoiement » politique de la Justice sur trente ans, des années Chirac au système Macron.
- Engagement international Président de France Amérique Latine (1981-1985), secrétaire général adjoint de l'AIJD (statut consultatif ONU) ; rencontres avec Indira Gandhi (1982) et Mikhaïl Gorbatchev (1987).
Régis de Castelnau incarne une voix juridique engagée du paysage de la réinformation française. Avocat du mouvement ouvrier devenu essayiste critique de l'appareil judiciaire, il met son expertise du droit au service d'une lecture décalée de l'actualité politique et géopolitique. Son parcours singulier, de la défense des sidérurgistes lorrains aux analyses sur l'Ukraine et le Moyen-Orient, en fait une figure inclassable du débat public francophone.