Slobodan Despot

Écrivain et éditeur suisse d'origine serbe · Cofondateur des éditions Xenia · Auteur dans la Blanche Gallimard

Slobodan Despot, né le 24 juillet 1967 à Sremska Mitrovica (Voïvodine, ex-Yougoslavie, actuelle Serbie), est un écrivain et éditeur suisse d'origine serbe. Cofondateur et directeur des éditions Xenia à Sion (Valais), il est également romancier attitré de la mythique collection Blanche chez Gallimard. Rédacteur en chef d'Antipresse, il est une figure majeure de la pensée décomplexée et de la critique de la décivilisation occidentale.

Slobodan Despot émigre en Suisse en 1973, à l'âge de 6 ans. Issu d'une famille originaire de Krajina (Croatie actuelle) du côté paternel et de Bosnie occidentale du côté maternel, il s'installe dans le canton du Valais. Il entame des études à l'Université de Lausanne qu'il ne termine pas, puis travaille pendant quinze ans comme traducteur pour les éditions L'Âge d'Homme. Il a notamment traduit du russe les derniers livres du dissident soviétaire Alexandre Zinoviev (La Grande Rupture et La Suprasociété globale et la Russie).

En 2005, il fonde avec Claude Laporte sa propre maison d'édition : Xenia, basée à Sion (puis Vevey). Xenia publie essais, chroniques, poésie et récits, défendant une conception de l'homme et de la société fondée à la fois sur l'enracinement et l'autonomie des individus et des communautés. De 2007 à 2013, Slobodan Despot tient une chronique régulière dans Le Nouvelliste, journal valaisan. Il a également été chroniqueur du Matin Dimanche et de la Radio Suisse Romande.

Dans les années 1990, tout au long de la crise yougoslave, Slobodan Despot écrit et publie contre le vent de la désinformation unilatérale qui devait conduire, en 1999, à la dévastation de la Serbie par l'OTAN. La revue Raison garder qu'il dirigeait et les ouvrages sur le conflit yougoslave publiés à L'Âge d'Homme ont été parmi les rares répliques opposées aux flots de fausses nouvelles qui abreuvaient l'opinion européenne. Rodé dans les Balkans, le pilonnage médiatique précède et accompagne désormais toutes les opérations géostratégiques de l'empire mondialiste, comme l'analyse Slobodan Despot dans Balles perdues (2002).

Romancier reconnu, Slobodan Despot fait une entrée remarquée en littérature avec Le Miel (Gallimard, 2014), couronné par la Bourse de la Découverte de la Fondation Prince Pierre de Monaco. Ce premier roman, nourri de son histoire personnelle, raconte l'effondrement de la Yougoslavie à travers le destin d'un apiculteur et de son fils. Il publie ensuite Le Rayon bleu (Gallimard, 2017), confirmant sa place dans la collection Blanche. Son œuvre oscille entre roman, essai, chronique, pamphlet et poésie, avec un style mêlant franchise et humour, ironie et compassion.

Rédacteur en chef d'Antipresse, média en ligne indépendant, Slobodan Despot y développe une critique décalée et féroce de la décivilisation de l'Occident, de la manipulation des esprits et de l'abrutissement des âmes dans la société contemporaine. Il défend la littérature et la vie intérieure comme antidotes au conditionnement de masses et à l'hypnose collective induite par les médias. Chroniqueur prolifique, il anime également le blog Despotica sur son site personnel et publie régulièrement sur Medium.

Points forts

  • Écrivain reconnu chez Gallimard Romancier attitré de la collection Blanche chez Gallimard, lauréat de la Bourse de la Découverte de la Fondation Prince Pierre de Monaco (2014) pour Le Miel, confirmé par Le Rayon bleu (2017).
  • Cofondateur des éditions Xenia Maison d'édition indépendante fondée en 2005 à Sion, défendant une conception de l'homme et de la société fondée sur l'enracinement et l'autonomie des individus et des communautés.
  • Rédacteur en chef d'Antipresse Média en ligne indépendant consacré à la critique de la décivilisation occidentale, de la désinformation et de la manipulation des esprits dans la société contemporaine.
  • Spécialiste du conflit yougoslave et de la désinformation Dès les années 1990, l'un des rares opposants francophones à la désinformation unilatérale sur la guerre yougoslave, auteur de Balles perdues (2002) sur l'emprise totalitaire et le pilonnage médiatique.
  • Traducteur d'Alexandre Zinoviev Traducteur du russe pendant quinze ans pour L'Âge d'Homme, traducteur des derniers ouvrages du dissident soviétique Alexandre Zinoviev (La Grande Rupture, La Suprasociété globale et la Russie).
  • Chroniqueur et essayiste prolifique Chroniqueur régulier du Nouvelliste (2007-2013), du Matin Dimanche et de la Radio Suisse Romande, auteur de chroniques, pamphlets, portraits et critiques littéraires réunis dans Nouvelleaks (2014) et Despotica (2010).

Bibliographie sélective

  • Balles perdues : l'intervention contre l'emprise totalitaire L'Âge d'Homme, 2002. Interventions contre la désinformation unilatérale durant la crise yougoslave, analyse du pilonnage médiatique comme arme de guerre et de l'abrutissement des âmes dans la société occidentale.
  • Oskar et les minarets Favre, 2010. Portrait d'Oskar Freysinger, promoteur de l'initiative suisse contre les minarets (2009), première fois qu'un pays démocratique fixe constitutionnellement ses rapports avec l'islam.
  • Le Miel Gallimard, 2014 (rééd. Folio, 2015). Premier roman nourri de l'histoire personnelle de l'auteur, lauréat de la Bourse de la Découverte de la Fondation Prince Pierre de Monaco.
  • Le Rayon bleu Gallimard, 2017. Second roman dans la collection Blanche, prolongeant l'œuvre romanesque de l'auteur chez Gallimard.
  • Nouvelleaks : chroniques 2010-2013 Xenia, 2014. Recueil des 66 chroniques publiées dans Le Nouvelliste, mêlant franchise, humour et ironie sur l'actualité et la décivilisation occidentale.
  • Despotica : modes d'emploi Xenia, 2010. Cahier d'idées et de réflexions, notes de voyage, pamphlets, portraits, critiques littéraires et chroniques, à la recherche des îlots de présence divine et humaine dans un monde qui se déshumanise.

Slobodan Despot incarne une voix littéraire libre et enracinée dans le paysage alternatif francophone : à la fois romancier chez Gallimard, éditeur indépendant (Xenia), rédacteur en chef d'Antipresse et témoin précoce de la désinformation sur la guerre yougoslave. Son œuvre, à la croisée de la littérature, de l'essai et de la chronique, défend l'enracinement et l'autonomie face à la décivilisation de l'Occident et au conditionnement de masse. Sa présence dans la sphère alternative en fait un complément éditorial de premier plan de la réinformation et de la pensée décomplexée.